StablecoinEuro l'observatoire
Vérifié le 21 septembre 2026

Les risques d’un stablecoin en euro

« Stable » qualifie l’objectif de prix, pas la sécurité. Un stablecoin en euro comporte plusieurs risques distincts, qu’il vaut mieux connaître séparément.

1. Le risque de perte de parité

Un stablecoin vaut un euro tant que deux conditions tiennent : son émetteur peut effectivement le rembourser, et le marché le croit. Si l’une des deux se rompt, le jeton peut s’échanger en dessous de sa valeur de remboursement — parfois brièvement, parfois durablement.

C’est le risque que le ruban en haut de nos pages illustre : la promesse d’un stablecoin, c’est une ligne droite, et l’écart à cette ligne est la mesure qui compte.

Un cas réel, toujours ouvertEURR : un stablecoin en euro agréé, dont le remboursement est suspendu depuis mai 2026

Le 25 mai 2026, StablR — émetteur maltais agréé par la MFSA — a annoncé un incident de sécurité et reconnu que les jetons en circulation n’étaient plus intégralement couverts par ses réserves, contrairement à ce qu’impose MiCA. Les émissions et les remboursements ont été suspendus, et les plateformes invitées à interrompre dépôts et retraits.

Fin août 2026, soit trois mois après, le remboursement n’avait toujours pas repris. Selon l’émetteur, environ 6,41 millions d’EURR et 14,33 millions d’USDR émis sans contrepartie restaient en circulation.

Ce cas n’est pas cité pour inquiéter, mais parce qu’il illustre précisément ce que le reste de cette page décrit : un agrément MiCA ne garantit ni la couverture effective à tout instant, ni la disponibilité de votre argent. Il impose des règles et une supervision — ce qui est considérable — mais ne transforme pas un crypto-actif en dépôt garanti.

Vérifié le 21 septembre 2026. Sources : StablR — incident de sécurité, 25 mai 2026, StablR — plan de redressement, 29 mai 2026, EFRI — jetons non couverts et suspension du remboursement.

2. Le risque d’émetteur

Détenir un stablecoin, c’est détenir une créance sur une entreprise. Sa solidité, la qualité de ses réserves et sa capacité à honorer les remboursements en période de tension déterminent la valeur réelle du jeton. Le règlement MiCA impose aux émetteurs de conserver l’intégralité des fonds reçus, de les protéger et d’accorder un droit au remboursement à tout moment — ce qui encadre ce risque sans le faire disparaître.

3. L’absence de garantie des dépôts

C’est le point le plus souvent mal compris. Un stablecoin n’est pas un dépôt bancaire. La garantie des dépôts, qui protège jusqu’à 100 000 euros par déposant et par banque, ne s’applique pas. Les fonds en réserve doivent être ségrégués et protégés, mais ce mécanisme est différent et ne confère pas les mêmes droits.

Le fait qu’un stablecoin soit émis par une filiale de grande banque ne change rien à ce point.

4. Le risque de plateforme

Si vous laissez vos jetons chez un prestataire, vous ajoutez un risque à celui de l’émetteur : celui de la plateforme elle-même. Depuis le 1er juillet 2026, seuls les prestataires agréés sous MiCA peuvent servir des clients français, ce qui impose des obligations de conservation et de ségrégation. Vérifier qu’un prestataire est agréé →

5. Le risque technique

Un stablecoin circule sur une chaîne de blocs. Une erreur d’adresse lors d’un transfert est en général irréversible. Un jeton peut exister sur plusieurs réseaux, et envoyer des fonds sur le mauvais réseau conduit fréquemment à leur perte définitive. Si vous conservez vos jetons vous-même, la perte de votre phrase de récupération entraîne la perte des avoirs.

6. Le risque d’arnaque

C’est le risque le plus fréquent en pratique. La liste noire de l’AMF recense un grand nombre de faux sites qui imitent les plateformes connues, avec des noms de domaine très proches des vrais. Avant toute opération, vérifiez la dénomination sociale du prestataire sur le registre officiel, et non le nom affiché sur la page que vous consultez.

Méfiez-vous particulièrement de toute offre portant sur un jeton qui n’existe pas encore — comme celui de Qivalis, annoncé mais non émis à ce jour.

Ce que MiCA change, et ce qu’il ne change pas

Le règlement encadre l’émission et la distribution : réserves intégrales, droit au remboursement, interdiction de verser des intérêts, agrément obligatoire des prestataires. Il réduit nettement certains risques. Il ne transforme pas un crypto-actif en dépôt bancaire, et il ne garantit ni la valeur ni la liquidité d’un jeton. Ce que MiCA impose →

Questions fréquentes

Un stablecoin en euro peut-il perdre sa valeur ?

Oui. Un stablecoin vaut un euro tant que son émetteur peut le rembourser et que le marché le croit. Si la confiance se rompt, le jeton peut s'échanger en dessous de sa valeur de remboursement : c'est ce qu'on appelle une perte de parité. Le règlement MiCA impose des réserves et un droit au remboursement, ce qui réduit ce risque sans le supprimer.

Les stablecoins sont-ils couverts par la garantie des dépôts de 100 000 euros ?

Non. La garantie des dépôts protège les comptes bancaires, pas les crypto-actifs. Les fonds reçus par un émetteur de jetons de monnaie électronique doivent être protégés et séparés de son patrimoine, mais ce mécanisme est distinct de la garantie des dépôts et ne donne pas les mêmes droits.

Que se passe-t-il si la plateforme où je détiens mes jetons fait faillite ?

C'est un risque distinct de celui de l'émetteur. Si vous laissez vos jetons en conservation chez un prestataire, vous dépendez de sa solidité et de la qualité de sa ségrégation des avoirs. MiCA impose aux prestataires agréés des obligations en la matière, mais détenir soi-même ses jetons déplace le risque plutôt qu'il ne le supprime.

Un stablecoin rapporte-t-il des intérêts ?

Le règlement MiCA interdit aux émetteurs de jetons de monnaie électronique d'octroyer des intérêts aux détenteurs. Une offre qui promet un rendement sur la simple détention d'un stablecoin repose donc sur un autre mécanisme, qui comporte ses propres risques, et doit être examinée avec attention.